jeudi 25 décembre 2014

Joyeux Noël


Il m'arrive parfois de porter un regard noir sur notre condition.
Condition intimement liée au monde dans lequel nous nous sommes un jour éveillé aux côtés d'autres naufragés.
Dans ce monde, point d'intemporalité. Nos esprits englués dans une gangue de chair et de sang, portée par un squelette ridicule, sont soumis à la linéarité d'un temps bridé, en pilotage automatique.
Point d'échappatoire, c'est à sens unique.
Mais il y a mieux, les milliards d'âmes peuplant ce monde ne doivent leur survie terrestre qu'à la condition d'ingérer un autre amas cellulaire.
Pour être sûr qu'il y en ait pour tout le monde et que ce raout planétaire perdure, nous sommes mus par une force profonde qui nous pousse à nous reproduire.
Comprenez bien que ce monde ne fonctionne que si tout le monde s'entre-dévore.
En assurant ce que d'aucuns appellent la survie de l'espèce, nous ne faisons que projeter d'autres êtres dans cet enfer. Nous rajoutons ainsi de la souffrance à la souffrance dans un tumulte effroyable de mastication et de douleur.



Par un fait étrange, si nous sommes nés amnésiques, nous sommes néanmoins dotés d'une forme de conscience. Limitée peut-être mais suffisamment étendue pour que nous puissions appréhender cette réalité cauchemardesque.

Tout ceci n'est-il donc que le fruit du hasard ? Sommes-nous que des composés carbonés ballottés par les vents solaires et des lois statistiques ? Face au constat accablant évoqué ci-dessus, j'ai la conviction intime que nous lisons et écrivons les pages de notre vie dans un entremêlement sans début et sans fin dont la finalité n'est pas en bout de chaîne mais dans sa globalité.
Car tout le mystère est là, et il me terrifie, ce monde en proie perpétuelle aux guerres inter-humaines, ne nous offre-t-il pas sa propre solution aux tribulations qu'il génère ?
La symbolique de l'homme chassé du Paradis Originel est en ce sens éloquente et me parle.
Je suis intimement convaincu, que c'est dans l'assimilation totale et dans la compréhension parfaite de cette dualité que se trouve la clef.
Prendre la souffrance pour soi et lui opposer son pendant rédempteur : l'amour de son prochain.


Toujours est-il que le Christ s'est sacrifié pour nous et il nous a délivré un message d'Amour.
Depuis les Chrétiens commémorent sa naissance et clament ainsi leur foi en l'espérance.

Je vous souhaite à tous un très Joyeux Noël !

9 commentaires :

  1. Réponses
    1. Merci Dalton ! Tu me donneras le nom du jouet que t'as offert le Père Noël ? Il est trop bien pour y planter les crocs et faire le con.

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  2. Un joyeux Noël et tout plein de bonnes choses a vous deux
    bisous :)

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  3. joyeux noêl pour vous 2 et pleins de gros bisous

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    1. Merci, merci !!! Joyeux Noël à toi ainsi qu'à l'homodindomarronus !

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  4. Vous êtes en plein dans ma lubie du moment : René Girard et sa théorie de la violence mimétique.

    Je vous la fait brève : l’individu ne sait que désirer ce qu’un autre détient. Il ne procède que par mimétisme d’un modèle voisin, pour qui il entretient à la fois haine et admiration. Cela génère automatiquement une spirale de violence, de vengeance, qui se s’interrompt que d’une seule façon (avant de recommencer) : l’entente unanime sur le sacrifice d’une victime émissaire. Toute société humaine naît ainsi d’un contrat de violence dirigé contre un seul. Abel et Caïn, Romus et Romulus… La cité humaine se construit sur le cadavre d’un innocent sacrifié.

    La Bible (toujours selon Girard) est la première mythologie de l’histoire à ne pas se construire sur ce modèle, ou plus exactement à révéler que la victime était absolument innocente depuis le départ, et nullement responsable des maux dont on l’accusait ni de l’apaisement qui suit sa mort. Rompre le cycle de la violence, c’est ne pas participer à l’unanimité, mais aussi ne pas s’exempter des crimes commis avant nous. Ne pas rejeter la faute et en prendre sa part.

    Aussi, Girard nous apprend que considérer la mort du Christ comme un « sacrifice » est un total contre-sens commis par les chrétiens eux-mêmes. Il ne faut pas croire que le Christ meurt pour le bien des hommes ni pour une utilité quelconque, ne pas croire que sa mort relève du divin : c’est une mort pleinement naturelle commise par les hommes et personne d’autre, contre quelqu’un qui était venu leur expliquer cette vérité. Jésus est une énième victime émissaire qui n’attend plus que sa mort soit comprise par les hommes pour ce qu’elle est.

    Bref, livre long et assez complexe, mais si ça vous intéresse, je vous recommande « Des choses cachées depuis la fondation du monde ».

    Et joyeux Noël évidemment !

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