dimanche 29 avril 2012

Les médias : les fossoyeurs de la démocratie

Les idées se télescopent et ce n'est pas forcément le fait du hasard.
Hier encore, je disais à une amie que ma timeline sur twitter (la liste des messages des twittos auxquels je suis abonné) était passablement obturée par des myriades de logorrhées antisarkozystes.
D'ailleurs, je n'ai pas manqué de lancer une pique à tous ces acharnés, mais elle n'a pas fait mouche tant ils sont engoncés dans leurs habits protestataires voyant en Sarkozy le mal incarné.


Il est bien connu que tous les autres candidats sont des anges descendus du Ciel, pour nous sauver des Chinois, de la Finance et de la libido de DSK.
C'est que, j'ai hélas pour manie de m'abonner à des twittos plutôt gauchistes, non pas que j'en sois un, Dieu m'en préserve, mais c'est ainsi. Chacun sa croix.

Je faisais donc allusion à cette déferlante incroyable, à mon dégoût pour le militantisme forcené, à la nullité crasse du débat politique (pour lesquels les journalistes ont une part de responsabilité criante) quand mon ami Gilles Morand m'envoya le lien vers le film de Julien Brygo, Pierre Carles et Aurore Van Opstal mis en ligne le 19 avril dernier :

DSK, Hollande, etc.

Le titre de son dernier film est trompeur, Pierre Carles ne s'en prend pas à DSK ou bien à Hollande. Il dénonce les connivences manifestes entre chroniqueurs télé, journalistes et monde politique.
Il a notamment mis en avant des impostures comme la fausse interview de Fidel Castro par Patrick Poivre d'Arvoret Régis Faucon  (à voir, ça vous démonte un personnage..)

Le documentaire "DSK, Hollande, etc." poursuit le travail entamé en 1995 avec "Juppé forcément" dans lequel Pierre Carles montrait comment la candidature d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux avait été soutenue par la presse locale. (Source : Wikipedia)

Si tout comme moi, vous considérez que le débat politique français est minable, que le système médiatique favorise le bipartisme, si vous pensez que les prétendus journalistes roulent pour les politique et verrouillent un système où tout le monde (gauche et droite) se connaît et s'échange ses cartes de visite, je vous recommande de visionner ce documentaire qui dure 76 minutes et 33 secondes.
A défaut d'apporter des réponses, il pose les bonnes questions et met en exergue un système pervers qui n'accorde que peu d'expression aux candidats autres que ceux du PS et de l'UMP. Pire, le système les déconsidère et dépossède les français d'une information qui se doit de rester neutre.

DSK, Hollande, etc. (Cliquer sur l'image pour le visionner)


Vous pouvez aussi aller voir le film Les nouveaux chiens de garde qui sort encore en salle (cliquer sur l'image pour voir la bande-annonce) :

Les nouveaux chiens de garde, film de Gilles Balbastre et Jerome De Missolz

Quelques morceaux choisis du film "DSK, Hollande, etc" :

2:24
Le documentaire débute par la question d'un auditeur lue en directe sur France Info :
"Je constate que dernièrement France Info a une tendance à suivre la masse des médias et à perdre son originalité dans le traitement de la campagne présidentielle, en effet on a l'impression qu'il n'y a que deux candidats et que nous sommes déjà au deuxième tour, cela a le don de m'agacer car nous mettons ainsi à mal notre socle républicain qui veut que tout le monde peut s'exprimer"
Le journaliste confirme : "Bipolarisation, je crois qu'il y a effectivement une réalité à ce pointage...". ->Le ton est donné

3:55
Le 25 mai 2011 sur canal +, François Hollande est invité au Grand Journal.
Michel Denisot le reçoit et lui demande :
"A en croire les sondages si les élections avaient lieu aujourd'hui, vous seriez Président de la République" (3:55)
-> Alain Garrigou, Professeur en Sciences Politiques, auteur de l'ivresse des sondages commente :
"On vous reçoit parce qu'il y a de bons sondages, et on pourrait dire aussi, vous avez de bons sondages parce qu'on vous reçoit. C'est un cercle vertueux ou vicieux c'est selon...C'est le serpent qui se mord la queue...Qui voit-on dans les médias ? Ceux qui sont populaires dans les sondages..."

5:14
Le 31 mars 2010, soit deux ans avant les élections présidentielles de 2012, dans le journal télévisé de TF1, Laurence Ferrari annonce (avant la diffusion d'un mini-reportage sur DSK) :
"L'homme politique le plus populaire à gauche, Dominique Strauss-Kahn, s'est rendu en Pologne et en Roumanie deux pays qui ont reçu les prêts les plus importants du FMI, l'occasion de mieux comprendre le travail de celui qui apparait sondage après sondage comme un candidat redoutable en perspective de 2012" (5:14)
-> Gilles Balbastre, co-réalisateur des Nouveaux chiens de garde commente :
"Il faut des nouveaux produits pour les médias, commencer à amorcer le match, la compétition qui va avoir lieu dans 2 ans, on est en fait en perpétuel match, la politique, ce qui se passe, les décisions de prises importent peu au fond, ce qu'il faut c'est du suspens, ce qu'il faut c'est alimenter de nouveaux produits médiatiques qui ont des durées de vie de plus en plus courtes et au fond, ce qui est important, c'est l'élection présidentielle, entre les deux, c'est à dire le mandat de 5 ans, c'est un peu embêtant. Au fond, les décisions qui sont prises, les lois, tout ça c'est pas fortement rock'n'roll, il faut alimenter par match, au fond, même si le mandat présidentiel pouvait être plus court, s'il pouvait faire que deux ou trois ans on irait directement d'une présidentielle à une autre présidentielle"

25:30
Une journaliste demande à Maurice Szafran, PDG de Marianne, si les journaux roulent pour un candidat.
S'il répond par la négative, il en est autrement en off,  lorsqu'il ne se sait pas filmé.
Il tient alors un autre discours :
"DSK et Hollande ont été des candidats de la presse, ils ont été soutenus par des éditorialistes, pas pour les mêmes raisons, Strauss-Kahn pour des raisons idéologiques parce qu'ils ont considéré, les éditorialistes sont plutôt de droite, que c'est une gauche qui leur convenait, voilà, et Hollande parce qu'ils l'aiment bien depuis longtemps...C'est un type sympathique, plutôt cultivé, drôle et caetera et caetera...Donc entre Aubry et Hollande, la presse a plutôt soutenu Hollande. L'Obs a soutenu Hollande, nous on a plutôt soutenu Hollande, Libé a plutôt soutenu Hollande, Le Monde a plutôt soutenu Hollande et la presse de droite à plutôt soutenu Hollande..."
->Gilles Balbastre renchérit :
"L'Observateur, Le Point, Libé, Le Monde, c'est là où on voit l'uniformisation de la presse, il y a une telle concurrence entre eux qu'ils finissent par se copier et c'est une information, une onde de résonnance comme ça qui s'amplifie, et vous me montrez ça mais derrière il y a Europe 1, RTL, C dans l'air, Mots croisés qui amplifient le mouvement qui accélère, qui donnent au fond un genre de "la", de note musicale, que tous les Français vont entendrent.


39:25
Dialogue entre Laurent Joffrin, Directeur de la rédaction du Nouvel Observateur et une journaliste (à propos de la neutralité éditoriale en terme d'orientation politique) :

Laurent Joffrin : "La presse écrite n'est pas obligée, heureusement, de mettre tous les candidats à égalité, fort heureusement, on peut exercer un jugement, un choix, fort heureusement"
La journaliste : "Mais vous trouvez ça démocratique ?"
Laurent Joffrin : "Tout à fait, parce qu'il y a plusieurs journaux, s'il n'y en avait qu'un ce ne serait pas bien, mais comme il y en a plusieurs c'est différent."
La journaliste : "Mais comme chacun des journaux prend soit position pour Hollande soit pour Sarkozy..."
Laurent Joffrin : "C'est pas vrai du tout !"
La journaliste : "...Ca limite le champs quand même...Vous connaissez des journaux pro-Joly ou pro-Mélenchon ?"
Laurent Joffrin : "...Pro-Joly euh"
La journaliste : "Je n'en connais pas"
-> Tout est dit

40:02
Le documentaire change alors de rythme, on y voit le passage terrible de Jean-Luc Mélechon, invité le 5 janvier 2011 à Europe 1 par un Nicolas Demorant infect.

46:50
On retrouve Nicolas Demorant interrogé par une journaliste :
"Est-ce que vous, vous prenez position avant le premier tour, est-ce que vous prenez partie pour un candidat ?"
Nicolas Demorant : "Non"
La journaliste : "Et vous le ferez dans l'entre-deux tours ?"
Nicolas Demorant : "A voir, à voir"

-> C'est alors que cette courte conversation est ponctuée par le communiqué récent de la SCPL daté du 2 avril, répondant comme en écho au malaise de la presse française :
Le 2 avril 2012, la SCPL (société civile des personnels de Libération) interpelle la Direction : elle dénonce "Un traitement éditorial partisan en matière politique, qui semble inféoder le journal au PS"
48:10
On passe à Jean-Michel Aphatie, chef du service politique de RTL, chroniqueur à Canal+.
Sur LCI le 22 janvier 2012, à propos de l'égalité des temps de parole et des temps d'antenne (mesure obligatoire du 9 avril au 6 mai), il donne son point de vue :
" Le fond est incompréhensible, on ne fera croire à personne que Nathalie Artaud égale Nicolas Sarkozy, on ne fera croire à personne que Nicolas Dupond-Aignant égal François Hollande, l'histoire des courants politiques, l'histoire des individus est différente..."
-> On vient de comprendre que l'égalité de traitement des personnalités politiques n'est pas sa tasse de thé, on le vérifiera plus tard...

49:32
Jeudi 8 mars 2012 sur RTL, voir et entendre comment il insiste sur le décompte des parrainage de Nathalie Artaud. Aurait-il posé la même question à François Hollande ou bien François Bayrou ?

51:36
Jean-Michel Apahie se lâche et ne comprend pas le pourquoi de deux candidatures trotskystes :
"Le cas des candidats trotskystes est aussi éclairant quand même... Enfin, pourquoi est-ce que il y a deux courants trotskystes ? Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer un jour quels sont les divergences absolues, fondamentales, totales ? Que le courant trotskyste en France, il y a peu de gens hein, très peu de gens, n'est pas capable de présenter un seul et même candidat."... Nous, on nous impose de donner deux heures au trotskysme en France en 2012 ?... Mais attendez...!!!"
Visiblement pour Aphatie, faire son travail de journaliste, quand bien même il y aurait pléthore de trotskystes, est une contrainte... Le journaliste lui répond alors :
 "Une fois tous les 5 ans"
Jean-Michel Aphatie : "Une fois tous les 5 ans, bien sûr ! Il ne manquerait plus que ce soit tous les ans !"

52:22
Encore et toujours Jean-Michel Aphatie, récidiviste ne respectant pas la pluralité politique ni les Français et encore moins les candidats.
Canal+, le 31 janvier 2012 dans le Grand Journal, l'invité est  Jacques Cheminade
Michel Denisot : "Qui signe pour vous ? Des maires de petites communes ?"
Jacques Cheminade : "Des maires de petites communes comme des plus grandes..."
Michel Denisot : "Et comment vous vous présentez à eux ?"
Jean-Michel Aphatie ne laisse pas alors Michel Cheminade le temps de répondre :
"C'est incroyable, que vous ayez les signature, c'est incroyable"
Jacques Cheminade : "Ce n'est pas incroyable, les maires ont une empathie pour moi..."
Jean-Michel Aphatie : "C'est incroyable, vous devez être le prototype du candidat inutile !"

-> Jean-Michel Aphatie, journaliste inutile ?

52:53
Encore et toujours Canal+, cette fois c'est Michel Denisot qui s'y colle lorsque le 18 janvier 2012 dans Le Grand Journal, il invite Nicolas Dupont-Aignan et ponctue son émission ainsi :
"Merci Nicolas Dupont-Aignan, vous êtes pour le retour du Franc, pour la fin de l'Euro et si ça arrive moi je promet le retour de la télé en noir et blanc"
-> François Ruffin, journaliste à France Inter, fondateur de Fakir :
"A propos de la sortie de l'Euro : "Je pense que ce n'est pas une question qui peut se traiter sur le terrain du dédain, du mépris, de l'arrogance, de l'infaisabilité. Non, la question, elle doit être posée, elle doit être débattue publiquement et là le problème c'est qu'au fond toutes ces questions-là elles ne sont pas posées. Sur le protectionisme la question n'est pas posée, sur l'euro la question n'est pas posée, mais de toute façon dès qu'on dit
"Bon, je voudrais vous parler d'une mesure..."
"Non ! On n'a pas le temps"
On n'a pas le temps parce qu'on a des petites phrases, des tas de choses comme ça à commenter, on a des sondages mais dès qu'il s'agit de commenter une mesure :
"On n'a pas le temps"

55:42
David Pujadas lors du journal télévisé de France 2 le 22 novembre 2011. L'invitée est Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie - Les verts :
"Bonsoir Eva joly, vous revenez donc sur le devant de la scène ce soir, ma première question est très simple, êtes-vous toujours candidate à l'élection présidentielle ?"
-> Eva Joly commente très justement : "On voit bien que il n'y croit pas à ma candidature, et qu'il y a un problème pour eux de légitimité..."

58:23
RTL le 23 novembre 2011, Eva Joly chez JM Aphatie
-> Coupures de paroles intempestives de JM Apathie, insupportable.

60:22
Des paroles et des actes le 12 avril 2012
Franz-Olivier Giesbert, PDG de Le Point, s'en prend à Eva Joly, la qualifiant "d'erreur de casting"...

61:43
Canal+, le 13 avril 2012 dans Le Grand Journal Nicolas Dupont-Aignan contre-attaque. A voir absolument. Il Traite la brochettes de journaliste d'éditorialistes de bazar.

En guise de conclusion, le documentaire explique qu'il n'y a pas d'autres alternatives que d'en terminer avec ce système médiatique. L'opposition ne sera pas une réelle opposition tant que ce système démocratique dévoyé ne sera pas abattu. Tous ceux qui représentent ces médias sont accusés de confisquer la parole et le débat public, on parle de fossoyeurs du débat démocratique.
Le terme est fort mais je ne peux qu'être d'accord. J'ai l'intime conviction d'avoir été dépossédé par les médias du vrai débat politique.
Bien sûr les partis dominants se frottent les mains et jouent le jeu, ne répondant aux attentes des Français que par des invectives puériles dignes d'une cour de récré.
Pendant ce temps-là, les autres candidats sont méprisés, traités d'ovnis politiques, d'illuminés, d'inutiles ou bien diabolisés.
Sans parler de tous ceux qui n'ont pu avoir leur 500 signature : encore un frein à l'expression démocratique !
Coluche avait raison, lui qui souhaitait représenter les abstentionnistes, ceux qui comme moi en ont assez de voter blanc-bonnet et bonnet-blanc.

11 commentaires :

  1. C'est complexe. La presse, la publicité et les impétrants., tout un monde.

    Prendre le temps après la Predidentielle pour le documentaire.

    Merci

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    1. Salut ! Oui c'est complexe et le maillage est serré. Je t'en prie, ne me remercie pas.

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  2. Les médias n'y sont pour rien. C'est la presidentialisation qui est en cause. Tu tapes sur les blogueurs de gauche antisarkozystes mais s'il y avait une autre constitution on n'en serait pas là.

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    1. Relis bien mon billet, je tape gentiment sur les blogueurs de gauche antisarkozystes au début mais ce n'est pas le sujet. Concernant les médias je ne partage pas ton point de vue, le sensationnel, la course à l'audimat transforme les débats et les politiques s'adaptent et deviennent des bêtes de marketing. Les candidats autres que les partis dominants sont écartés, balayés d'un revers de la main. Étudie les résultats du 1er tour... Je te promet que cette présidentielle est la dernière d'un long cycle d'alternance mortifère. Les prochaines verront l'avènement de partis qu'on nomme plus "populiste". L'éclatement de la zone Euro pourrait précipiter tout ceci.

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  3. Plus ça va, et plus je suis "moyennement démocrate". Plus que moyennement, même...
    Bref.
    Moi, maintenant, la seule chose qui m'intéresse, c'est qu'on élise quelqu'un, m'en fout qui, pour que la vie normale reprenne, que les banques ré-accordent des prêts immobiliers et que des gens viennent acheter ma maison qu'on est obligés de vendre et qu'on ne peut pas vendre parce que "tout est bloqué, vous comprenez, on est en période d'élections".
    Quelle merde, ces élections...
    Désolée pour l'étron.
    Salutation à vous, cher Vlad, je vois que vous aussi êtes en pleine forme !

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    1. Vous parlez de l'ersatz de démocratie qui nous a imposé une Europe qu'on a refusé ? Je vous prie, soyez donc moyennement démocrate, les autres ne se gênent pas.
      Oui, qu'on en finisse avec ces élections ! C'est de pire en pire...
      Je proposerais bientôt un florilège de petits papier très seyants à insérer dans l'urne, pour ceux et celles qui souhaitent voter blanc...
      De quels étrons parlez-vous donc ? Nos journalistes, certains politiques ou bien les deux ?
      J'espère que vous allez bien, ça me fait plaisir que vous veniez commenter.

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  4. Excellent billet !

    En dehors de la France si Hollande est élu, la principale victime de cette élection sera sans consteste le journalisme ! un grand beurk de A à Z .

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    1. Merci. Oui le journalisme n'est pas beau à voir. J'ai pensé à toi et à ton billet en visionnant la vidéo de Nicolas Dupont-Aignan chez les crétins de canal+. Quelle bande de bouffons, ils font vraiment pitié.

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    2. Tiens, je viens de twitter « Les think tanks, leurs “experts” et les médias » c'est un article sur Acrimed. Ca rejoint la réflexion globale sur les "voleurs de démocratie". A+

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  5. Il ne faut pas oublier que lors de la grosse affaire Wikileaks, il y avait un « câble » intéressant de l’ambassade des Etats-Unis en France (qui curieusement n’a pas été relayé), qui affirmait que le système médiatique français était totalement contrôlé par le politique et qu’il n’y avait pas lieu de le craindre.

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