mercredi 8 décembre 2010

Pour un service civil ?

Romain Blachier a tagué la terre entière suite à une conversation qu'il a tenu avec un de ses copains. Ce dernier émettait l'idée de rétablir le service national afin qu'il serve de ciment collectif pour une société qui d'après lui "n'a plus de repères collectifs, qui ne fonctionne plus ensemble, dans lesquels les divisions entre français s'accélèrent".

D'après son copain toujours, "Si l'école est un outil de ce temps partagé entre français, un service civil débarrassé des trop nombreuses exceptions, obligatoire pour les filles comme les garçons, pourrait redonner à tous un sens du collectif et l'envie de vivre sans barrières".

Moi je dis que ça sonne bien tout ça, sauf qu'il y a plein d'inconnues dans cette équation et qu'on n'est sûr de rien.


La société française n'a-t-elle réellement plus de repères collectifs ?
Bien malin qui pourrait répondre à cette question en quelques mots. Je peux juste dire qu'une société peut donner l'impression de perdre des valeurs collectives uniquement sur la base d'informations renvoyées par les médias.
Et justement quels sont ces principaux points négatifs accréditant la thèse d'une perte de repères collectifs ?
Des cités dignes de New York 1997 ? Des écoles n'ayant rien à envier à Class 1984 ? Une ultra-violence de type Orange Mécanique ?


Tout cela existe bel et bien et est largement relaté par la presse. Je fais partie de ceux qui s'inquiètent de la montée de l'incivisme, de la violence, des bandes, des émeutes, de la dégradation du niveau scolaire, des problèmes d'intégration, mais faut-il pour autant incriminer la société toute entière et invoquer une perte de repères ?
Je ne sais pas. Je n'ai pas de réponses.
J'ai juste le sentiment qu'une fois de plus on tente de sortir le remède miracle à l'échelle nationale alors qu'une somme de moyens à l'échelle locale suffiraient.
Une chose est sûre, que nous soyons réellement en perte de repères ou non, la mondialisation et ses effets induits, la libre circulation dans l'espace européen et les nouvelles donnes géopolitiques les modifient durablement.

A propos du service national maintenant et pour faire écho aux réponses des copains blogueurs, je n'ai rien contre; pourtant je me suis fait exempté.
Ben ouais, quand on entame une formation professionnelle d'un an et qu'on trime en même temps jour et nuit pour se la payer, on n'a pas trop envie d'aller jouer au boy-scout dans une forêt vosgienne. D'autant que j'ai déjà donné, j'en parlerai lors d'un prochain billet. Tout ce que je peux vous dire c'est que c'était l'armée avant l'heure mais j'en ai gardé des souvenirs impérissables) ;)
Ce billet est le maillon d'une chaîne, que ceux qui veulent la prolonger s'emparent du sujet.
Rompez !

6 commentaires :

  1. Tu n'as rien contre mais es-tu pour ?

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  2. Oui, es-tu pour, tout contre, ou au contraire contre de loin ?

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  3. @Coucou et Nicolas
    Voici mon opinion :
    1) Faire un service civil permettant de fédérer la force vive du pays pour de grandes causes nationales : oui et 100 fois oui.
    2) Faire un service civil pour fédérer les esprits autour d'une unité nationale : non
    On fait un service civil pour servir le pays, pour participer à une solidarité nationale et non pour les effets induits.

    En d'autres termes, je trouve l'idée du service civil pas forcément mauvaise, tout dépend de la finalité. Aujourd'hui le service civil pour réconcilier les arabes et les noirs qui se tapent sur la gueule aux Tarterêts ? non merci... Et demain on sortira quoi du chapeau ? Un loft géant sur les quais de seine ? c'est pas sérieux.

    Je ne parle pas du service national qui n'a pas été évoqué par Romain Blachier...Mais si ça vous intéresse vous savez où me trouver ;)
    A bientôt

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  4. Le service civil(que) existe déjà mais il n'est pas obligatoire. Je serais curieuse de connaître les statistiques à ce sujet.
    Que faire maintenant ? Si on établit un service obligatoire pour garçons et filles, il y aura toujours ceux qui auront de bonnes raisons pour ne pas y aller ;-) Quant aux autres, certains vous sortir du chapeau que c'est une manoeuvre pour faire reculer les chiffres du chômage, employer les jeunes à un "coût" ridicule. Et de fait... que feront tous ces jeunes ? Il faudrait trouver des occupations qui ne soient pas déjà prises dans le créneau des salariés. Alors, allons-y pour le bénévolat ? Quand on voit tout ce que le bénévolat fait en France, c'est une vraie économie parallèle !!

    D'accord avec vous sur le fait que l'identité nationale n'en sera pas sauvée...

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  5. Et pourquoi ce service ne pourrait pas réconcilier les Noirs et les Arabes qui se tapent sur la gueule ? C'est au contraire bien plus sérieux qu'un loft sur les quais de Seine, parce que la symbolique est grande, parce qu'on pourrait y apprendre des trucs utiles, parce que question discipline, ça rigolera moins que dans une salle de classe.
    Le problème de beaucoup de jeunes je pense, c'est de vraiment se sentir libre au point que rien ne puisse nous contraindre à faire quelque chose que l'on ne veut pas (à part peut-être le fric), là, ce serait un bon moyen de leur rappeler que si, il y a des gens qui peuvent les dresser

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  6. @Vallenain
    Hélas je crains qu'une année de service civil n'y changerai rien. C'est excitant quand on tu y penses parce que tu as l'amour du pays et qu'on s'accroche à une solution miracle mais ça devient autre chose avec des gars complètement largués socialement. Il faut travailler sur plusieurs niveaux et accepter une fois pour toutes qu'il y a aussi des problèmes d'intégration à cause de différences culturelles difficiles à surmonter.

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