mercredi 8 septembre 2010

Réflexions sous X

C'est marrant comme les thèmes des infos et des blogs s'entrechoquent. Après mon vif réquisitoire contre un agrégé de droit souhaitant promouvoir la prostitution dès 16 ans, mon précédent article traitant de la branchitude des hardeuses, l'article de Marianne chez Corto traitant du don de sperme, voici que je tombe sur un article de Lyonnitude qui donne la parole à Melody Nelson, une prostituée blogueuse, écrivain et plein d'autres choses encore.
La démarche de Romain Blachier de Lyonnitude est intéressante. Cependant si Melody Nelson est épanouie, il serait je trouve naïf de considérer la prostitution comme un métier comme un autre.


Le débat est ouvert sur ce thème et d'autres encore.
Amélie Jolie, une des commentatrices nous interpelle et parle du sentiment réel d'exclusion et de rejet que ressentent certaines prostituées accomplies; je lui ai adressé un commentaire que je retranscris ici intégralement.
"Comprenez qu'il n'y a souvent pas de rejet chère Amélie Jolie, il y a juste la gène intrinsèque d'édicter une quelconque normalité à des comportements "à risque", ne vous en déplaise. Je ne souhaite à personne de vivre de sexe comme je ne souhaite à personne de travailler 80 heures dans des mines de charbon.
Si vous ou certaines de vos amies trouvez là satisfaction financière ou autres j'en suis fort aise, sincèrement. Il n'empêche que vous n'êtes que l'infime exception d'une catégorie d'individus pour lesquels la souffrance est énorme. C'est donc par pudeur et non par rejet qu'il serait à mon sens plus convenable de ne pas faire l'apologie de la prostitution.
Bien cordialement"

Qu'en pensez-vous ?

10 commentaires :

  1. "Qu'en pensez-vous ? "

    Je suis assez d'accord...

    C'est plus ce qui ce tourne autour de la prostitution (proxénétisme, violence des clients, MST, prostitution de mineures, ...) qui me chagrine que la prostitution elle même.

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  2. Salut Vlad,

    Le billet sur le don de sperme est bien chez moi mais il est écrit par Marianne, une e-copine, le mardi, je lui file les clés de la boutique !

    biz

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  3. @Nicolas
    tout à fait, un peu comme présentateur/animateur télé : on fini soit devant des têtes de gondole à vendre du fromage soit on s'abonne en chirurgie réparatrice de la cloison nasale . C'est des métiers à risque.
    @Corto74
    J'étais au courant de ses chroniques mardiennes chez toi mais avais omis qu'on était mardi hier.
    Au fait, ayé j'suis teupo avec toi sur bogonet.
    Bizossi

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  4. Moi je suis pour qu'on légalise la prostitution, pour des raisons similaires au fait que je suis aussi pour qu'on légalise les drogues.

    Pourquoi une femme (ou un homme d'ailleurs) n'aurait-elle pas le droit d'exercer cette activité ? Il faut arrêter avec les "c'est malsain de vendre son corps" !

    D'une part, ce serait plus une location qu'une vente, d'autre part, ce serait même pas du tout de la location ! Le corps de la prostitué n'appartient pas à celui qui paye, ni pour une durée déterminée, ni pour une durée indéterminée, de la même façon que les mains du masseurs ne nous appartiennent pas !

    Si elle veut faire de son corps un outil de travail, soit, un sportif fait aussi de son corps un outil de travail...

    Et ceux qui disent que ce n'est pas un choix de leur part... je ne suis pas persuadé qu'être caissier ou standardiste soit une vocation, si une femme veut passer par la prostitution parce qu'elle galère financièrement, et bien moi je dis oui ! (j'écrirai assez prochainement un article sur le sujet)

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  5. J'aurais bien coché "a voté" mais ça y était pas...


    J'adhère totalement.

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  6. ValLeNain, es-tu déjà allé à Amsterdam ? Si oui, souhaites-tu ce modèle de société ?
    Veux-tu être abordé constamment par des revendeurs de drogues, "hashish, coke, ecsta ?", voir des prostituées derrière des vitrines lors de tes promenades dominicales familiales ?
    Veux-tu expliquer à tes enfants le contenu de pubs racoleuses produites par une industrie du sexe dépénalisée et largement diffusée ?

    De nombreux rapports sur la prostitution dans des pays l'ayant tolérée ou légalisée indiquent que la dépénalisation ne résout pas les principaux problèmes, à savoir la souffrance des
    femmes et l'exploitation de la misère par des trafics d'êtres humains.
    Parlons d'Amsterdam justement où la prostitution est tolérée.
    Sais-tu que près de 85% des prostituées aux Pays-Bas sont d'origine étrangère ? Qu'est-ce que ça signifie ? Ca veut juste dire qu'elles ont bénéficié de réseaux pour entrer dans le pays. Et ces réseaux prolifèrent, la légalisation faisant office d'appel d'air.
    Pareil pour l'Allemagne. La légalisation n'abolit pas le trafic d'êtres humains. Veux-tu d'une société qui favorise le trafic d'êtres humains vulnérables dans des pays pauvres ?

    Toujours aux Pays-Bas, les prostituées soulignent que la dépénalisation n'efface pas les stigmates de la prostitution et rend les femmes plus vulnérables aux agressions car elles doivent s'inscrire sur un registre perdant ainsi leur anonymat.
    Beaucoup de prostituées choisissent encore d’agir de manière illégale et souterraine. Même les prostituées des bordels, qui sont déclarées sont à la merci de n'importe quel taré, leur employeur n'étant pas sur place pour assurer leur sécurité.
    A propos des préservatifs et du thème général de santé publique inhérent à la prostitution, la dépénalisation ne résout pas plus le problème. Les femmes sont tout autant exposées. Dans les faits, des prostituées acceptent des rapports non protégés dès lors qu'on leur propose plus d'argent. Dans le cas des maisons closes, il y a aussi la pression des proxénètes sur les femmes pour qu’elles consentent à des rapports sexuels non protégés davantage rémunérés voire la concurrence des établissement qui n'exigent pas le port du préservatif !

    Les rapports sont éloquents. La plupart des femmes interrogées ont déclaré qu’on ne pouvait pas parler de choix d’entrer dans l’industrie du sexe, car elles n’avaient pas d’autres possibilités qui s’offraient à elles. Elles ont souvent souligné que les prostituées n’avaient pas d’autres alternatives. Des anciennes prostituées ont affirmé qu’il leur a fallu des années après avoir quitté le milieu pour reconnaître que la prostitution n’était pas un choix délibéré car nier leur propre aptitude à choisir revenait à nier leur propre existence.
    Dans ce cas, le critère de référence est le mal sur la personne et non pas le consentement de la personne ! Normal non ?
    Autre chose : aucune femme interrogée ne souhaite que ses enfants, sa famille ou ses amis doivent gagner leur vie en entrant dans l’industrie du sexe. Je crois que ça veut tout dire...
    Pour finir, du point de vue du modèle sociétal, dans les pays ayant légalisé la prostitution, celle-ci s'est accrue de façon sensible. De même, les gens ne considèrent pas seulement la
    prostitution comme une chose désormais acceptable mais voient les femmes comme des produits sexuels.

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  7. Hop hop hop, envie de participer.
    J'ai entendu bien des arguments très valables contraires à ma pensée de la part d'une femme qui bosse sur le terrain pour aider les prostituées immigrées sans papier et esclaves pures et simples d'une énorme machine de proxénétisme.
    Pourtant, j'ose encore croire que mon avis de rouvrir les maisons closes (ou quelque chose approchant hein) ne serait pas nuisible au système de lutte contre la traite des femmes.
    Le fisc sait très bien trouver les prostituées pour compter leurs passes en comparant les capotes restantes aux tickets de caisse...
    Leur donner un statut, une couverture sociale adaptée à leur activité (suivi médical et psy), un employeur qu'on poursuit au prud'homme et 5 semaines de congés payés (!) ne seraient franchement pas un luxe.
    En plus, elles seraient connues, recensées et établies dans un lieu de travail bien précis qui ne doit pas être une vitrine à l'amsterdamoise (on peut garder un voile de pudeur quand même), elles auraient un réseau pour elles et non contre elles, (peut être une carte professionnelle, du moins une corporation, définitivement une "déontologie": impossible à un client d'imposer ses règles et ses prises de risques)
    Ce ne serait pas un mal pour lutter contre les réseaux clandestins, et serait un peu plus honnête par rapport à l'industrie du sexe qui ne disparaitra pas.
    Evidemment, j'ai conscience que sur le papier, ça parait bien et que dans les faits ça ne peut être aussi simple, mais ce serait quand même une avancée. Il faut qu'elles puissent toujours protéger leurs identités, leurs vies personnelles de leur travail: les prostituées qui ne sont pas de jeunes femmes droguées et enlevées dans les pays de l'est ou en afrique noire, ont une vie à côté... des gosses, des amis, un loyer, une déclaration d'impôt...
    Comme tu le soulignes Vlad, je doute que beaucoup choisissent ce métier, et le mal sur la personne est réel, mais toute société a ses prostituées, on pourrait en prendre soin.

    (NB: suite à un commentaire plus haut: la légalisation des drogues suit un tout autre raisonnement! c'est même deux systèmes complètement différents: le trafic de drogue et la condition de la prostituée. Je suis contre la légalisation des drogues même douces, mais c'est un autre sujet)

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  8. Kahazara,
    merci votre contribution !
    C'est un débat difficile. Tout comme vous je pensais que la légalisation allait régler pas mal de soucis déjà parce qu'il est difficilement supportable de voir dans quel no man's land se trouvent les prostituées : pas de statut, pas de couverture sociale mais soumises à l'impôt; sans compter les risques qu'elles prennent et leur exploitation ignoble par des pourris.

    Jusqu'à ce que je lise deci delà des rapports sur les pays ou régions ayant essayé la légalisation et où on a suffisamment d'années d'historique pour dresser un bilan.
    C'est pas top, même pas du tout.
    Pour résumer je pense qu'une certaine forme de légalisation fait un vrai appel d'air à toutes sortes de businessmen (ex-proxénètes reconvertis). Les lois en vigueur pour protéger correctement les prostituées sont régulièrement détournées : il y a des mineures, elles déclarent être libres et éclairées dans leur choix, utiliser des capotes...
    Alors que dans la pratique pas vraiment, le trafic s'amplifie, les proxénètes ont juste un N° de Siret en plus, c'est tout...

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  9. Je ne pense pas que ce soit triste ou malsain de vendre son corps : il n'y a pas que les prostituées qui le font d'ailleurs ; les gens qui tournent dans les porno, les escorts, etc. tout ce petit monde en vit, de son corps... Maintenant, ce que j'aimerai, c'est que cela puisse être un véritable choix, c'est-à-dire qu'un(e) prostitué(e) puisse se dire : "tiens j'ai le choix entre ceci et cela, et je choisis cela", et pas : "'tain, comment je vais payer la facture EDF ce mois-ci ? Bon allez, avec quatre ou cinq pipes ça devrait pouvoir le faire."

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  10. Tsuki, oui tout comme vous je n'ai aucun problème moral vis à vis de la prostitution. Ce qui me gène c'est les dommages qu'elle occasionne car dans 99% des cas ce n'est pas un choix librement consenti et bien vécu.

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