lundi 10 mai 2010

Like tears in rain

J'ai eu un épisode dans ma jeunesse où j'ai arrêté toute consommation de viande animale. Je ne voulais plus participer en tant que consommateur à l'industrialisation de l'abattage. J'avais eu un déclic soudain à la vue d'un homard qui gigotait dans sa barquette de plastique translucide, tout seul au milieu d'autres barquettes perdues dans l'étalage gigantesque d'un autrement plus gigantesque rayon d'hyper-marché...
Je m'en souviens très bien encore, ça m'avais fait un choc. J'ai tout de suite pensé au film Blade runner de Ridley Scott.

Je l'ai regardé longuement ce homard...Et dans ses yeux j'y ai vu les variations infinies du bleu de la mer, j'y ai vu des bancs de poissons aux reflets irisés évoluant dans une magnifique orchestration ondulatoire, j'y ai vu une luxuriante et exubérante végétation sous-marine...
Et le voir...là, ...vivant, totalement déshomarisé, dans une barquette de L30cm x l25cm x h15cm en polypropylène dans un frigo à 8°C ça m'a foutu les jetons.

"I've seen things you people wouldn't believe. Attack ships on fire off the shoulder of Orion. I watched C-beams glitter in the dark near the Tannhauser gate. All those moments will be lost in time, like tears in rain. Time to die."
Derniers mots de Roy Batty à la fin du film Blade Runner, 1982, Rutger Hauer
Tous les nutritionnistes le disent, la viande participe à notre équilibre alimentaire mais en quantité moindre. En manger tous les jours n'est aucunement nécessaire.
Les principes mercantiles et commerciaux tentent de modifier cet équilibre alimentaire en nous fourguant de la viande à tous les repas, de fait, il s'ensuit un volume d'abattage très conséquent. Si l'excès de superflu caractérise aussi la société de consommation, je trouve tout de même très dommageable que la viande et donc par extension les animaux, aient à en subir les conséquences. Les animaux ne devraient pas être considérés comme un pauv' container de tongues en provenance d'Asie.

10 commentaires :

  1. ;-)
    j'avoue trop aimer la choucroute et la raclette telles que maintenant pour remplacer la charcut pas du TOFU...
    Mais à l'après-guerre, la raclette qui était un luxe se composait seulement de salade, patates fromage...
    Le animaux se vengent: nous crevons de les manger avec tant d'appétit...
    J'avoue te comprendre: j'ai bossé dans un abatoire à cochon et les 24h precedants la mise à mort sont inimaginables...
    Mon fils a eu tes états d'âmes ce week-end...
    Mais, désolée, lorsque je cultive mon obésité, je n'arrive pas à prendre en compte le destin des bêtes mortes...
    Bonne semaine à toi!

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  2. Est-ce que votre sentiment ressemblait à ça : http://www.youtube.com/watch?v=IvkpOCMo7hc&feature=related ? :)
    Plus sérieusement, l'argument du dégoût face au côté industriel est compréhensible. Sans parler d'arrêter de manger de la viande, on pourrait déjà améliorer les conditions d'élevage, de transport, d'abattage... (la viande n'en serait que meilleure ! gniark !)

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  3. Ce soir j ai du monde et j ai prévu une putain de la mort de côte de boeuf au gros sel !
    j en bave déjà !

    biz

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  4. @Galoune16
    Même si une fois dans ma vie j'ai eu de la compassion pour un homard (!), je ne suis toutefois pas du genre à me prendre de pitié pour un poulet que je dévore...Ce que je déplore c'est l'industrialisation de l'abattage et du circuit de distribution. Bonne semaine également ;)
    @Xix
    Entièrement d'accord Xix
    @Corto
    Même pas mal !!! ;)
    J'aime la bidoche mais pas le gigantisme de sa distribution.

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  5. Je suis bien d'accord avec toi, j'ai eu le même choc durant mon enfance. Je trouve ça vraiment dingue de traiter les animaux de la sorte, encore vivants emballés et pesés. Et les gens qui les jettent dans leur caddie sans précaution, je crois que ça me dgéoute encore plus. J'ai du mal à comprendre qu'on puisse être insensible à ce point.
    Entendons-nous bien, je ne suis pas contre le fait de manger des animaux. C'est la chaîne alimentaire, eux aussi se mangent entre eux, c'est la nature.
    Mais nous, en tant qu'être humains évolués, nous avons une conscience et une intelligence. Et il me parait être de notre devoir de l'utiliser à bon escient, i.e. non pas pour produire toujours plus et toujours moins bon parce que ça rapporte de l'argent mais d'essayer de faire les choses bien.
    Et en effet lorsqu'on voit la façon dont sont traités les animaux de consommation, il y a de quoi bondir !
    Je m'étais promis, étant petite, que j'achèterais
    des homards et autres bêtes captives pour les relacher dans leur élément naturel et leur rendre la liberté.
    Bon j'avoue que je ne l'ai jamais fait, maintenant que je gagne ma vie et que je suis en mesure de le faire (mais bon habitant à Paris, je ne vois pas bien où je pourrais les relacher...)
    Modestement cependant, j'achète des oeufs et des poulets élevés en plein air. C'est pas grand chose et ça ne coûte pas beaucoup plus cher mais si tout le monde prenait la peine de le faire, il n'y aurait plus d'élevage en batterie et ça ce serait une vraie avancée...

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  6. @Copine débile
    Merci pour ton commentaire ! Tu as raison, nous devrions utiliser notre conscience à bon escient.
    Je fais pareil que toi pour les poulets et les oeufs, parce que malgré les directives européennes légiférant les normes minimales d'espace à attribuer à chaque poulet, je trouve que l'élevage en batterie est tout simplement barbare.
    Sinon, j'ai un bon scenario de film : pour les homards on pourrait les relâcher dans les égouts, ils reviendraient alors après moult mutations flippantes se venger des hommes ;)
    A bientôt

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  7. Excellent film, Blade Runner... lorsque je l'ai vu la première fois, j'ai été déçue. Ma culture SF se limitait alors à la Guerre des Etoiles. J'ai depuis acquis un petit bagage et j'apprécie ce film à sa juste valeur. Un robot qui pleure. Même Asimov n'avait pas osé.

    En ce qui concerne le reste de votre billet. Je suis une viandarde invétérée, je serais hypocrite de m'élever contre l'industrialisation de cette denrée. Si j'acceptais d'y réfléchir, probablement que je ferais miens vos arguments, mais je n'ai qu'un cerveau (déjà bien occupé) et un nombre assez conséquent de papilles exigeantes. Un conflit entre les deux adversaires serait trop dommageable.

    Ceci dit, je n'aime pas les animaux au zoo, ni au cirque, ni au "delphinarium", je n'aime pas les courses de chevaux, les combats de coqs, les tirs de carabine sur les limaces, la tabagie forcée sur les grenouilles... suis-je en partie absoute ?

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  8. Au vu de la photo illustrant ce billet, vous êtes victime de messages subliminaux des Cylons.

    Preuve ici -> http://toutfoutlecamp.20minutes-blogs.fr/media/02/02/1854221578.jpg

    Restez calme, un homme en blanc va venir vous chercher, suivez le sans résistance et tout se passera bien ;-)

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  9. @La femme des steppes
    si je vous dit qu'il y a une créature qui possède 9 cerveaux et des papilles gustatives (exigeantes) par centaines et même que ça l'empêche pas de se tortorer du homard à volonté...A qui pensez-vous ? Cthulhu ? Ben non, c'est la pieuvre. Comme quoi le homard c'est un peu le Pierre richard de l'évolution, il se fait bouffer de partout et par tout le monde.
    ...Au fait...J'ai ri comme une baleine avec votre commentaire sur les Cylons !
    Vous m'impressionnez, vous en connaissez un rayon en SF...

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  10. Je commence mon éducation en SF. Pas facile ! Mais je progresse tous les jours. J'arrive même à faire des recoupements, c'est un bon début !!!

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La dégénérescence c'est un peu l'obsolescence programmée du socialisme.