jeudi 1 avril 2010

Réflexions sportives sur le bien-être

Dimanche 28 mars, j'ai participé pour la première fois à une course : le 10km du Château de Rambouillet.
Pour tous ceux qui pratiquent la course à pied et qui hésitent à passer le cap, je ne peux que leur recommander d'y aller. Avec pas loin de 1000 participants, l'ambiance est très conviviale, familiale et bon enfant. On y croise des vieux, des jeunes, des grands dadets filiformes aux muscles noueux ou encore des gros balèses genre rugbyman. Que vous soyez pro ou une vraie brelle, il y en a pour tout le monde. En plus, à la fin c'est comme dans Dimanche Martin, tout le monde a gagné ses 2 Tee-shirts, quelques menues barres chocolatées ainsi qu'un fruit et de la flotte histoire de ne pas canner après la course.
Je ne risquais pas de mourir d'inanition : après la course moi et mes potes nous étions réuni avec femmes et enfants autour d'une méga choucroute.
Pourtant...Rien ne me prédisposait à ce genre d'événement : je n'ai jamais aimer courir. Voici donc le récit de cet étrange revirement...


J'ai arrêté tout exercice sportif à l'aune de mes 18 ans lorsque j'ai commencé ma crise de post-adolescence caractérisée par des coupes de cheveux et des tenues vestimentaires erratiques. Difficile effectivement de concilier un look que n'aurait pas renié le rejeton d'une union improbable entre un guerrier amérindien et Morticia Addams, avec un profil de gagneur, de sportif accompli vivant sainement et se surpassant sans cesse dans ses efforts.

A cette révolte capillaire, dont l'ineptie est l'apanage insolent d'une jeunesse en quête de liberté, ont succédé plusieurs années de tribulations nocturnes, passablement éthyliques et où je m'adonnais à la seule activité sportive sous licence IV : les fléchettes.
Sport de tir par excellence, les fléchettes nécessitent de l'adresse, un  mental et un foie à toute épreuve. Les entraînements, préludes aux tournois officiels, se pratiquent in situ dans des bars où la bière coule à flot, la coutume voulant que le perdant paye sa tournée. Au final sur la photo finish tout le monde est complètement rincé. Pour la petite histoire, j'avais remarqué suite à de nombreux recoupements, dont la rigueur scientifique ferait pâlir un homard aviné, que le meilleur ratio pintes/précision du tir était aux alentours de 1,5 à 2,5 pintes. Il est en effet nécessaire (si ce n'est obligatoire) de relâcher la tension musculaire qui parasite souvent le mouvement du bras.


Inutile de préciser qu'au-delà d'un nombre conséquent de pintes, le relâchement ne touche alors pas seulement la partie supérieure du corps mais aussi les jambes dont les mouvements d'oscillations compromettent dangereusement nos chances de réussite sur le pas de tir. Dans des cas extrêmes, il est même nécessaire de s'assurer d'une mauvaise chute en avant consécutive au lancer, à l'aide d'un coéquipier posté à l'arrière, nous retenant par la ceinture.

Si la vie de famille m'a par la suite tout naturellement détourné du lever de coude, des responsabilités professionnelles accrues m'ont elles définitivement fâché avec le sport.
Mais pas seulement.

De nature volontaire et généreuse, débauché par un paternel en quête d'un successeur, je m'étais alors totalement investi dans un projet professionnel me monopolisant corps et âme durant de nombreuses années; jusqu'à ce qu'il y a peu, lésé par mon propre père, je décide de cesser toute activité.
L'honneur sauf, la rage au ventre mais le coeur gros, je regagne un bien inestimable : Ma Liberté.
C'est donc ainsi, à bientôt quarante ans et sur le carreau, que je me mets au sport pour regagner la confiance perdue, malencontreusement accordée à un escroc.
M'astreignant à un rythme soutenu depuis quelques mois déjà, je réalise maintenant à quel point cette débauche d'énergie était salutaire. Mais plus que cela encore, je découvre aussi le goût de l'effort physique comme clef de voûte du bien-être. Ce bien-être que je n'ai su domestiquer plus jeune lorsque je me torchais la tête en guise de pitoyable exutoire, ou encore plus tard lorsque je m'abrutissais de travail, occultant ainsi mes propres démons.
Je découvre donc doucement ce qu'est le bien-être et comment l'entretenir. Mais ça c'est un autre débat.

10 commentaires :

  1. Bien vu. 49'43'' la barre mythique des 50 vient de tombe enfin barre mythique pour un ex-révolté capillaire ! lol

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  2. Ok pour le 49'43" mais l'autre ex-révolté capillaire à tendance romantique a fait 14" de moins...Bravo encore !
    ;)

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  3. C'est donc toi sur la photo, je me disais bien qu il y avait un truc de pas très catholique ici !
    Ceci dit, je fus a une autre époque un coureur émérite et passionné, c'était à l'armée, j'étais le meilleur du régiment mais bon ca s'est arrêté apres l'armée et n ai jamais réussi a reprendre

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  4. @Corto74
    Hello, merci de ta visite !
    A l'occasion si tu veux reprendre fais-moi signe
    ;)

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  5. Félicitations Vlad, c'est remarquable la façon dont tu t'es pris en main.

    Incontestablement tu as un don pour l'écriture, à quand le premier bouquin????

    Une choucroute, miam miam.

    Je fais aussi de la course.......juste le temps d'inaugurer un nouveau jogging.

    A toi et à ta petite famille, je vous souhaite de très Joyeuses Fêtes de Paques,aussi pour tes amis qui viennent visiter ton blog.

    Nadezda

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  6. Yes, comment tu fais pour courir plus loin que ta boite au lettres? Paske moi je n'y suis jamais arrivée...
    Dans mes gouttes, rien que de bons neuroleptiques.
    Je reviendrais lire cet article à tête reposée, parce que la charge historico-émotionnelle me semble du genre à ne pas rater...
    J'aime les hommes quand ils arrivent à parler même un instant un peu d'eux mêmes.
    Bises et bon lundi!

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  7. Merci galoune16
    "J'aime les hommes quand ils arrivent à parler même un instant un peu d'eux mêmes"
    C'est marrant c'est pas ce que me dit ma femme quand je rentre d'une soirée arrosée entre pôtes...Arf

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  8. Zut... même votre post dithyrambique ne m'a pas donné envie de chausser mes Stan Smith de quand j'étais jeune pour aller courir après les nuages...

    Je crois que je suis définitivement irrécupérable.

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  9. @la femme des steppes
    Hmmm il n'est jamais trop tard...
    Les Stan Smith ! Est-ce bien raisonnable ? Votre paire doit au moins avoir 3 décennies d'existence et autant d'années de culture intensive de champignons à l'état de spore...
    Je vous recommanderai donc en toute amitié de vous procurer une nouvelle paire, ceci afin de vous éviter, à vous et à votre entourage, de terribles désagréments.
    En y pensant je me demande si les fameuses armes de destruction massive que recherchaient les US et la Grande-bretagne n'étaient pas les Stan Smith qu'avait perdu Nastase il y a une trentaine d'année...

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