dimanche 7 mars 2010

Coup de foudre : tempête chimique

Dimanche matin, il fait beau et contrairement à mes résolutions sportives de la veille, je remet à plus tard mon programme d'entraînement. Je profite donc de la douce nonchalance familiale pour trifouiller dans les entrailles de mes blogs préférés.
Je suis tombé sur un petit article paru dans un oeil, blog que j'apprécie beaucoup parce qu'il sort toujours de la bulle opaque de notre réalité quotidienne pour poser des questions souvent intemporelles. Parfois en tentant d'y apporter des réponses.
Autant dire que pour un bourrin comme moi, c'est mieux que les développeurs de cortex cérébral (selon les modèles et l'intellect, vendus soit dans des sex-shop soit sur sudoku.org).

L'auteur de l'article en question, Xix, donne une de ses visions du coup de foudre.
Autant je suis d'accord sur l'aspect non-raisonné et décroché de la réalité du coup de foudre, autant j'aime y voir une explication procédant plus de l'inconscient collectif.
J'aime à penser que le coup de foudre est un processus chimique nous échappant totalement et mis en branle par des co-facteurs hérités de millions d'années d'évolutions de l'homme.
Notre identité
D'après moi, chaque individu "diffuserait" sa propre identité, fruit de caractéristiques nombreuses et diverses :
Caractéristiques physiques tout d'abord (taille, corpulence d'attributs sexuels, du squelette, couleur des yeux, des cheveux, teinte de la peau...).
Caractéristiques olfactives comme l'odeur naturelle dégagée ou les phéromones etc. Caractéristiques auditives : le phrasé, le timbre.

La liste est longue et loin d'être exhaustive. La gestuelle est aussi très importante : nous répondons chacun à l'environnement par des attitudes, des gestes, des mouvements involontaires. Véritables codes, ceux-ci trahissent notre pensée ou révèlent notre place dans la hiérarchie sociale. Ajoutons aussi, bien évidemment, ce qui nous distingue des mytilidés (mollusques bivalve tels que moules, huîtres...) à savoir le raisonnement, le type d'intellect, notre émotivité...

Nous venons ainsi de voir de quelle manière nous dégageons bien involontairement notre identité de notre vivant. Elle est autrement plus élaborée que l'identité numérique synthétisée par la CIA, les Meetic, ou encore jesuischaudcommelabraise.com...
Nos critères de choix
A cette marque de fabrique, venons-en maintenant à nos propres critères de choix. Selon moi, ils répondent pour une part à des considérations inconscientes comme la perpétuation de l'espèce*, la domination, la soumission (ramenant ainsi l'homme à sa plus grande partie animale connue) et pour une autre part à des considérations dont des composantes peuvent être en partie ou totalement raisonnées : purement sexuelles, intellectuelles, vénales voire fantasmagoriques.
Ainsi, dès lors que nous rencontrons un individu dont l'identité, amalgame des caractéristiques citées précédemment, correspondrait à nos critères nous sommes invariablement attirés par lui.
Le coup de foudre
Le coup de foudre procède lui de cette attirance. Mais selon moi il se déclenche d'autant plus lorsque l'identité d'un individu correspond parfaitement à des critères de sélection à majorité inconscients. C'est à dire enfouis au plus profond de notre animalité, arrivés à maturation au fil de notre longue lignée, s'adaptant au gré de son histoire lointaine, de sa culture et de son environnement. Nous ne pouvons donc pas raisonnablement avoir un coup de foudre provoqué par la vue d'une Rolex, fusse-t-on Séguela, car ce critère est raisonné et n'est pas encore inscrit dans notre patrimoine génétique, du moins pas encore.
Dans quelle mesure considère-t-on qu'un critère de sélection est raisonné ?
L'attirance qu'ont par exemple certains fétichistes pour tous les attributs (supposés) d'une ultra-féminité, est-elle le fruit de l'évolution de critères ou bien est-ce juste la résultante de notre éducation, de notre histoire personnelle ?
Par-delà ces questions se pose celle du coup de foudre. Pourquoi emporte-t-il tout sur son passage, nous plongeant dans un océan de passion, occultant totalement nos autres facultés intellectuelles ?
Je pense que la fantastique dynamique de la vie nous donne ainsi un signal fort pour franchir le cap : nous reproduire. Ou plutôt pour satisfaire notre besoin intrinsèque de nous accoupler avec l'individu dont l'identité nous parle parfaitement.
Seulement ce signal n'est pas forcément bon conseiller matrimonial, en d'autres termes, nous pouvons avoir un coup de foudre, véritable tempête chimique dans notre crâne, pour quelqu'un avec lequel nous n'avons que peu de chance vivre avec. Et inversement.


*En ce qui concerne la survie de l'espèce, à la bonne santé générale nécessaire pour doter sa descendance de quoi pérenniser la lignée, on peut ajouter d'autres critères plus sélectifs et raisonnés. Pour la petite histoire, une arrière-tante me rappelait que les jeunes filles de son temps qui étaient dotées de bonne hanches étaient plus faciles à marier car plus aptes à labourer le champs (ça ferait plaisir à Jennifer Lopez tiens).

4 commentaires :

  1. la femme des steppes9 mars 2010 à 15:47

    Je suis assez d'accord sur le fait que la Nature pousse les individus à s'accoupler et produit entre certains d'entre eux une attirance brute qui y conduirait immanquablement, si nous n'avions pas un gros lot de barrières mentales -euh pardon, religieuses, sociales, culturelles. Une espèce de chimie nous relie sûrement entre partenaires les plus susceptibles de donner un fruit le plus idéal possible.
    Mais si c'était seulement cela,les "coups de foudre" ne devraient théoriquement plus exister chez les femmes lorsqu'elles ne sont plus fertiles. Or ce n'est pas le cas, c'est donc qu'il doit y avoir d'autres paramètres...

    RépondreSupprimer
  2. Hello, vous avez raison. Mais de la même manière que l'homme n'est pas régi par un rythme de reproduction, ses attirances animales sont sans doute en marge de sa capacité de procréation.
    Pour le plaisir, comme dirait Herbert Léonard (ethno-anthropologue connu)
    ;)

    RépondreSupprimer
  3. Hello Vlad. Je suis pas loin d'être d'accord avec tout ce que vous dites sur le coup de foudre, en ajoutant également l'inconscient du vécu psychologique, qui peut expliquer par exemple qu'une femme s'entiche d'un connard objectif, ou d'un type qui porte des verres fumés.
    Reste à élucider un point : si une grande partie du "coup de foudre" a une base disons biologique, pourquoi a-t-on des critères différents ? Vous me direz que "gros seins" peut être un critère largement partagé chez les hommes, mais pourtant il s'en trouve toujours pour kiffer le type "Charlotte Gainsbourg". Si tout était biologique, il me semble que tout le monde convergerait vers le même type d'homme ou de femme. Et si on entre dans des critères plus fins : au-delà des critères grand/petit, gros ou pas, blond/brun, riche/fauché... qu'est-ce qui fait qu'on peut être subjugué par certains traits de visage ? Traits qui a priori, n'ont pas d'incidence biologique de capacité reproductive, mais qui relèvent du simple domaine esthétique ?

    RépondreSupprimer
  4. Hello Xix, effectivement de mon point de vue il y aurait une composante biologique mésestimée qui rentrerai en ligne de compte dans nos critères. Celle-ci ayant alors une part belle lors des coups de foudre. Les considérations purement esthétiques comme la beauté d'un visage sont bien souvent propres à l'individu. Nous pouvons nous pâmer devant des canons aux esthétiques très différentes sans pour autant avoir le coup de foudre qui lui fait parler l'inconscient.
    Lorsque je disais "...arrivés à maturation au fil de notre longue lignée, s'adaptant au gré de son histoire lointaine, de sa culture et de son environnement" en parlant des critères inconscients, j'imaginais que ceux-ci s'élaborent aussi en fonction des particularités propres à l'histoire, au climat, etc. Ce qui ôte tout caractère universaliste et exprime fort heureusement une diversité.
    Bon, mais tout ceci ne sont que théories personnelles qui iraient dans le sens d'un thème qui m'est cher : l'homme est aussi un animal qui s'ignore :)

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont les bienvenus !
Tous propos outranciers seront supprimés."Go ahead, make my day !"

Archives du blog

On ne lâche rien !

On ne lâche rien !
La dégénérescence c'est un peu l'obsolescence programmée du socialisme.